Fighting the mafia
Des idées nouvelles et pratiques
Evelyn Abou Mitry Messarra
Certains viennent dans ce monde portant viscéralement le souci et le devenir du pays et des citoyens, voire même le devenir de toute l'humanité. Et ils se consacrent sans relâche pour sauver l'humanité des affres de la vie et de la criminalité et de ses conséquences. Alors que d'autres ne sont là que pour détruire ce que les autres ont construit péniblement et pour faire dominer la criminalité pour leurs propres intérêts. Léoluca Orlando nomme ceux-là : les forces du bien et les forces du mal.
Les Siciliens, depuis plus d'un siècle, en 100 ans, endurent des souffrances de toutes les couleurs allant de la terreur jusqu'à la mort.
Même adolescent, sur les bancs de l'école, Orlando avait déjà pris sa décision : Bien que la Sicile soit un pays européen, l'état amer des lieux la rendait loin de l'être est un pays européen, mais il est loin d'être européen. La Mafia sicilienne s'en empare, comme un malin cancer s'empare du corps humain. Ce souci hante les nuits d'Orlando et occupe ses jours. Il faut libérer la Sicile et les Siciliens de ce fléau, de la Mafia et de ses tentacules destructrices : « Je dois libérer les Siciliens de ce malheur quelque soit le prix ou les obstacles ».
L'une des particularités de l'ouvrage réside dans l'étroite connexion entre la pensée et l'action sur le terrain, ainsi que la mise en pratique des décisions d'agir les plus dangereuses. Orlando, pas à pas, parcourt le chemin de la lutte, long, raide et sinueux. Pour sauver Palerme et les Palermitains de cette Mafia, dite Octopus ou Cosa Nostra.
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Le livre est riche d'idées, des idées ingénieuses. Ce qui m'a poussée à entreprendre sa traduction. J'aimerai en citer quelques-unes :
« Persanti Matarella m'a appris que la politique peut être une profession noble même dans mon pays .»
« Vous pouvez remarquer que Paolo Borsellino, le juge honnête et courageux avait quelque chose de saint. »
Combien ceci nous rappelle la politique et les politiciens de notre pays !
La politique présente plusieurs facettes : elle peut être un art, une profession noble ou pas. Elle peut être mission, service, résistance. Elle peut être, dans le pire des cas, autorité et oppression et, dans le meilleur, sacrifice et sainteté : Clovis, Louis IX, Jeanne d'Arc, Gandhi, Ignace de Loyola, Mandela…
Pour ce qui est de la politique-résistance, elle est l'œuvre du peuple, citoyens ou organisations. Parce qu'à eux revient le devoir de s'opposer quand la politique ou les politiciens dévient du bien commun. La résistance, elle aussi, revêt des formes diverses. Elle peut s'exprimer par des manifestation, par la presse, par la grève ou la grève de la faim... Certains résistent dans le silence ou la patience.
La résistance adoptée par Leoluca Orlando est unique en son genre. C'est une résistance civile, non violente, une résistance par la culture qui refuse toute idée de violence et qui se base sur la règle de droit et le respect des droits.
Orlando a entrepris sa résistance sur quatre fronts, différents et complémentaires : les médias ; la culture civique surtout dans les urnes ; les écoles par des campagnes d'éveil entreprises par les procureurs généraux, les juges, certains ministres et autres ; et la qualité de vie du pays : faire revivre le patrimoine et la mémoire collective.
Orlando ne s'est jamais récusé de cette résistance, parce qu'il voyait que si le recul est toléré dans le domaine politique, il n'est pas permis dans le domaine civique. C'est le peuple, et jamais les politiciens, qui crie : « Assez ! », selon le dire de la première dame américaine Hilary Clinton lors de sa visite de Palerme en 1999.
Lorsque les Siciliens ont crié : « Assez ! », Palerme a été libérée de la Mafia. Quand les Libanais et les Arabes crieront-ils « Assez ! » pour se libérer ? Le moment n'est-il pas encore venu ?
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Le livre de Orlando déborde d'idées nouvelles, originales, pratiques. Une démarche atypique, une résistance remarquable que je vous invite à découvrir dans le livre.
Avant de vous remercier, je vous demande de lire le livre, Fighting the Mafia , non de le ranger dans vos bibliothèques.